jeudi 27 avril 2017

blue book



On parle de l’Holocauste ; mais combien d’autres génocides, ou massacres passés plus ou moins sous silence ?
Le plan d’extermination  nazi était en maturation depuis longtemps. Personne n’y a pris garde. Pas plus que ce qui s’est passé en Afrique du sud-ouest entre 1883 et 1916 a alerté, interpellé. Pire encore, le rapport qui a consigné par écrit ce qui s’est passé a été "oublié » jusqu’en 1926. C’était le "blue book"

A la fin du XIXe siècle, les territoires de l’Afrique du sud-ouest ( l’actuelle Namibie) étaient une colonie allemande, administrée au nom du Kaïser par plusieurs militaires qui se sont surtout illustrés dans l’extermination organisés des 2 principales ethnies noires qui la peuplaient.

Elise Fontenaille est arrivée presque par hasard sur ce sujet. Sur les traces du grand-père de son père entre la Lorraine et l’Afrique où il était officier colonial, puis en Rhénanie après la grande guerre. De fil en aiguille, de photo en photo, d’interrogation en interrogation, e livre est devenu ce qu’il est : un récit d’un fait méconnu, extrêmement grave, qui aurait dû sonner l’alerte… Si ma tante en avait, comme on disait autrefois, on l’appellerait mon oncle…

Récit court, précis, et presque synthétique est glaçant ; et pourtant j’en ai lu des ouvrages à propos de l’Holocauste, du génocide Khmère. L’histoire n’est donc qu’un éternel recommencement, qu’une répétition d’erreurs que l’on se promet après de ne plus jamais refaire ?
Les responsables n’ont jamais été inquiétés ; certains ont même eu un rôle après en formant un certain Dr Megele.

Bref, pour moi ce livre est une vraie découverte, et une lecture indispensable pour mon futur voyage en Namibie.


Blue book d’Elise Fontenaille, chez Calmann-Lévy (Janvier 2015,210 pages)


Élise Fontenaille-N’Diaye, née à Nancy en 1960, a suivi des études de sociologie et est devenue journaliste à Vancouver au Canada, puis à Paris pour le magazine Actuel.
En 1995, elle se concentre sur l’écriture avec un premier roman publié chez Grasset, "La gommeuse".
Depuis, elle a écrit une vingtaine de romans, qui explorent des univers différents : histoire, jeunesse, faits divers, science-fiction. Elle a publié Le Palais de mémoire et Ma vie précaire aux éditions Calmann-Lévy.

 Pour le challenge d'Enna, catégorie couleur (ligne 1)

mardi 25 avril 2017

No home



 « Le malheur est comme une ombre. Il te suit »

Au départ il  y a Maame ; nous sommes au Ghana au XVIIIe siècle. Tout part de cette femme qui aura 2 filles, dans 2 villages différents. Effia et Esi ne se connaissent pas, et vont suivre deux trajectoires différentes, tout comme leur descendance respective. Du Ghana aux Etats-Unis, de la traite des noirs organisée, à l’esclavage jusqu’à la ségrégation, esclavage des temps modernes….
Cette roman est en fait la juxtaposition des histoires parallèles des 7 générations respectives d’hommes et de femmes qui au fil des années n’ont fait qu’enchainer souffrances et formes d’esclavagisme.

D’une rive à l’autre de l’Atlantique, d’un siècle à l’autre, les choses changent sans changer. Les générations se suivent en se transmettant amour, gri-gri et non- dits, et à mesure que les chaines se brisent, d’autres surgissent comme pour mieux ranimer une étrange et vielle malédiction qui semble avoir frappé cette famille éclatée.

Yaa Gyasi nous donne ici un roman assez bluffant, plein de vie, de souffle. Elle navigue au fil du temps, et des branches familiales. Elle mêle l’intime et l’histoire de l’esclavage avec brio et finesse, dans une écriture colorée et vivante.

Une très belle découverte !

No home, traduit de l’anglais(USA) par Anne Damour, chez Calmann-Levy (Janvier 2017, 410 pages)


D'origine ghanéenne, née en 1989, Yaa Gyasi part vivre aux États-Unis avec ses parents à l'âge de 2 ans.

"No home", publié aux Etats-Unis sous le titre "Homegoing", est son premier roman.

dimanche 23 avril 2017

Les arrivées de la semaine (9)

Encore du mouvement .....








à l'insu de mon plein gré, et pour mon plus grand plaisir:
  • Le syndrome de Coyde 2, Marc Welinski
  • Contre moi, et les mystères d'Avebury 2 nouveautés Sonatine





De ma seule  responsabilité ........
  •  Récidive, Sonja Delzongle
  • La reine Ginga,Jose Eduardo Agualusa

samedi 22 avril 2017

La vie ne danse qu'un instant



Le Caire, suivons une femme, Alice, américaine, correspondant de guerre pour le NY Herald tribune.
Hitler vient de prendre le pouvoir en Allemagne, que Mussolini dirige l’Italie envahit l’Éthiopie, la guerre civile fait rage en Espagne…l’Europe est sur des charbons ardents…informer dans toutes circonstances, par tous les moyens. Il faut être partout. Alice n’a pas choisi la facilité. Ce métier c’est sa passion, sa vie.
Alice est une femme  moderne pour son époque, une femme libre dans son métier comme dans ses amours. Elle croise Hemingway et sa femme, Mussolini, le comte Ciano ; s’éprend d’un très proche conseiller de ministre italien. Alice n’a peur de rien. Elle a ses convictions, est loyale envers sa patrie, mais n’hésite pas à sortir des chemins balisés. Alice, personnage complexe dont on découvre au fil de son histoire ses failles  est une femme forte, attachante, intelligente, et sachant percevoir très vite les ressorts de l’histoire qui se joue sous ses yeux. Theresa Revay nous en dresse un portrait tout en justesse. Il serait incomplet de ne voir dans ce roman qu’une histoire d’amour. Il y a derrière cela une fresque historique documentée, et précise où l’auteur décortique assez bien les dessous  des pouvoirs fascistes, et met en lumière le rôle ingrat du pape sans doute injustement accusé de passivité durant cette époque.
L’écriture est élégante offrant ainsi une lecture agréable, plaisante et rythmée. Nonobstant  la construction, chronologique, aurait supporté un peu plus d’audace et de complexité.

Merci aux éditions Albin Michel et Babélio pour cette masse critique.

La vie ne danse qu’un instant de Theresa Revay, chez Albin Michel (Mars 2017,510 pages)

Theresa Révay est née à Paris en 1965. Après des études de lettres, elle s'oriente vers la traduction de romans anglo-saxons et allemands. Son premier roman historique, Valentine ou le Temps des adieux, paraît aux éditions Belfond en 2002, suivi en 2005 de Livia Grandi ou le Souffle du destin, pour lequel elle sera finaliste du prix des Deux-Magots 2006 et son troisième en 2008, La Louve blanche. Traduite dans de nombreux pays, dont l'Allemagne et l'Italie, elle s'impose aujourd'hui comme l'une des romancières majeures de grandes fresques historiques.

 Pour le challenge d'Enna, catégorie Sport/ loisirs (ligne 1)

dimanche 16 avril 2017

Les arrivées de la semaine (8)






Une brassée de lilas d'une de mes patiente pour illustrer mon extrême sagesse de la semaine.
En effet pas un achat malgré les tentations de ma librairie, pas d'emprunt faute de passage à la médiathèque, pas de SP......rien...ma pile me dit merci ! 

Bonnes lecture à toutes et tous.

vendredi 14 avril 2017

L'heure du chacal



L’auteur est allemand, mais l’action se passe en Namibie. A première vue, tout cela peut paraître assez étrange. Seulement quand on regarde de plus près l’histoire de la Namibie, on s’aperçoit qu’elle fut durant 30 ans une colonie allemande, et qu’elle passa sous contrôle sud-africain à la défaite allemande de 1918, pour devenir la cinquième province de l’Afrique du Sud, avec tout ce que cela implique, connaissant l’histoire de l’Afrique du sud. Ce pays n’est finalement indépendant que depuis 1990.

Dans ce roman à la fois polar et roman noir se basant sur des faits historiques réels, Bernhard Jaumann campe une fiction dans le temps présent dont  les fondements de l’intrigue remontent à l’assassinat d’un farouche opposant à l’apartheid, et qui 20 ans après nourrit encore un fort sentiment de vengeance.

C’est avec une inspectrice, noire, originaire des townships, non épargnée par la violence raciale, que nous chemineront tout au long de ce roman à la recherche de la vérité, tant sur l’affaire directement, que sur  l’histoire de son pays.

Qui dira que la littérature policière est futile et inconsistante ? Certainement pas moi. Ce livre est instructif à plus d’un titre, bien écrit. Et même si la fin est un peu alambiquée, en tout cas un peu floue, on s’en accommode finalement assez bien tant l’intérêt est ailleurs. Et tout cela me conforte dans le fait que, à mes yeux, la meilleure façon de faire connaissance avec un pays, c’est d’en lire sa littérature policière.

L’heure du chacal, de Bernhard Jaumann, traduit de l’allemand par Céline Maurice, aux éditions du Masque (Mai 2013, 275 pages), disponible au livre de poche (Mai 2015, 384 pages)


Bernhard Jaumann est né en 1957 à Augsburg, en Allemagne.
Après avoir enseigné l’histoire et l’italien pendant dix ans, il a décidé de se consacrer à l’écriture. Il a publié de nombreux romans policiers dont certains ont été couronnés de prestigieux prix en Allemagne (Friedrich Glauser et Deutscher Krimipreis). "L’heure du chacal" est son premier livre publié en France. Il vit à Windhoek, en Namibie.